21.8.14

Les Écorcheurs de Serge Brussolo



Mécanisme de l'histoire

C'était un navire monstrueux, anormal. Un navire malade à la coque gangrenée, bâti avec les ruines d'un sinistre théâtre Grand-Guignol.
Il partait piller les épaves des Mers du Sud.
Bien sûr, il y avait les trésors engloutis...
Mais il y avait aussi les Écorcheurs, ces morts-vivants sanguinaires qui sillonnaient la surface des bas-fonds. Il y avait encore le Vizir des Ténèbres, le Grand Grimacier qui gobait des montres et faisait pousser des enfants dans les mains des femmes. Sans compter une mort de vingt centimètres qui galopait à fond de cale... Pour mon baptême de l'océan, je ne pouvais rêver mieux. Encore que... L'enfer est une pochette-surprise.

Mon sentiment 
(Les Ecorcheurs de Serge Brussolo)
Quand j'ai lu le 4ème de couverture, je me suis tout de suite demandé comment l'auteur, en plus d'avoir eu ces drôles d'idées, allait faire pour les intégrer, et les lier ensemble dans ce petit roman fantastique! Un navire monstrueusement décoré, un gobeur de montres qui fait pousser des enfants sur des mains, une faucheuse lilliputienne, des pirates et un capitaine agonisant... Et des trésors gélifiés. Dans les Écorcheurs, tout se lie au fil des pages, même s'il ne faut pas être trop regardant. Moi, je me suis laissé compter, bercer par ces histoires. Pas le meilleur roman de Serge Brussolo, mais il reste assez bon dans l'ensemble. A réserver à ceux qui aiment particulièrement cet auteur. 

Pièces détachées

C'était Juvia, la cuisinière de ma mère, qui avait peu à peu installé cette idée en moi. "Les bébés naissent dans les choux, répétait-elle à l'envi, et les araignées dans les verrues. Quand une verrue est bien mûre, il lui pousse des membres, et elle part à l'aventure, abandonnant le visage de celui qu'elle défigurait.
-Ce n'est pas vrai! protestais-je, gagné par une sourde angoisse.
-Bien sur que si, renchérissait Juvia avec un sadisme triomphant, tu n'as jamais vu de verrue couverte de poils?
-Si. M. Millock, l'instituteur, en a une sur le menton. Trois longs poils noirs la couronnent...
-Tu vois bien! Ce sont les pattes de l'araignée qui commencent à pousser. Un jour son menton redeviendra net. L'araignée sera partie."
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Je ne parvins pas à déterminer si ces foules d'angelots et d'unicornes se faisaient la guerre ou l'amour, si le sculpteur avait voulu représenter une scène de bataille ou une gigantesque partouze, mais cet enchevêtrement d'anatomies à la musculature hypertrophiée pesait lourdement sur la poupe du vaisseau.

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