16.8.14

Enfer vertical (en approche rapide) de Serge Brussolo


Mécanisme de l'histoire

Seul le diable lui-même pouvait avoir conçu la prison de Shaka-Kandarec. C'était un édifice cylindrique de vingt étages entièrement automatisé, qui ne comptait que deux portes. Une à la base, une autre au sommet. Les détenus n'avaient pas le choix: il fallait monter. A chaque niveau les attendaient de nouveaux pièges toujours plus ingénieux, de nouvelles expériences toujours plus cruelles. Aux plus forts, à ceux qui sauraient s'adapter, on promettait l'amnistie. Les autres étaient condamnés à périr. David pénétra dans la tour de chrome, résigné à affronter l'enfer. Ce qui l'attendait était bien pire...

Mon sentiment 
(Enfer vertical en approche rapide de Serge Brussolo)
"Enfer vertical" est un court roman qui se lit facilement mais que j'ai trouvé très immersif. Dès les premières pages, j'était dans la peau de David, le prisonnier dont on suivra l'évolution au sein de cette "prison-piège". Et une fois de plus, Serge Brussolo a su me plonger dans un univers malsain, pour ne pas dire horrifique avec une facilité déconcertante, avec un point de vue auquel je ne m'attendais pas au départ. Ni d'action survoltée, ni d'entraide humanitaire ou de dialogue féroce, dans "Enfer vertical", tout se passe dans la tête, et le corps, de David. Vous êtes David, et non le groupe de prisonnier. Et la psychologie du personnage devient l'action du roman. Un très bon livre dans lequel il est question de survie... ou de choix. 

Pièces détachées

Il était comme les autres: une bête de troupeau s'extasiant sur l'architecture de l'abattoir vers lequel on la pousse...
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Dans le donjon il n'y avait pas de place pour l'amitié ou l'entraide. Chacun devait rester à sa place d'ombre, dans son trou de néant.
Non, il n'y avait aucun lien entre les autres et lui. C'était la règle. Personne ne doit jamais aider personne. N'avoir pas d'ami c'était encore la meilleure assurance de n'être pas trahi.

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Mais il n'éprouvait pas grand-chose. Il s'était trop distancé depuis des années pour coller encore aux situations. A force de se détacher des autres il s'était délivré de lui-même.
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Ô dieux des ténèbres, donnez-nous le désespoir. Apprenez-nous la fatigue, le dégoût, la lucidité! Détournez-nous de l'espoir, ne nous faites pas jouer le jeu de ceux qui nous veulent du mal... Protégez-nous de la lâcheté de survivre. Accordez-nous la lassitude salvatrice. Fermez nos paupières de vos doigts froids, accueillez-nous comme des animaux qui souffrent et n'aspirent plus qu'au sommeil.

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