13.9.13

J'apprends l'allemand de Denis Lachaud


Mécanisme de l'histoire
Dans les années soixante-dix à Paris, une famille allemande vit dans l'amnésie, le refus total de ses origines. Les Wommel ont trente-cinq ans, ils sont installés en France depuis près de dix ans. Leur fils, Ernst, va entrer en sixième et, contrairement à son frère aîné, il ne peut accepter le silence qui entoure leur histoire, cette mémoire refusée qui ferait de lui un éternel étranger. Ernst décide d'apprendre l'allemand, la langue de ses parents, celle qu'ils ne parlent jamais, cette interdiction suprême, ce tabou. Comme un passeport pour le passé, cet apprentissage devient très vite le moyen par lequel Ernst espère retrouver ses racines. A quatorze ans, il part en Allemagne avec sa classe et rencontre Rolf, son correspondant, avec qui il vivra une tendre amitié. Ce pays lui est enfin ouvert, il y retournera chaque année. Avec la complicité de son camarade allemand, Ernst persévère dans ses recherches et finit par retrouver son grand-père, qu'il croyait mort, mais qui depuis toujours chantait dans ses cauchemars... A travers ce personnage d'adolescent fragile et combatif, Denis Lachaud met en scène l'un des thèmes fondamentaux de notre siècle : l'ambiguïté de la mémoire européenne collective. Mais au-delà du Rhin, de ces souvenirs douloureux, bien au-delà de l'Histoire, c'est aussi de l'héritage familial qu'il s'agit, celui auquel chacun d'entre nous doit pouvoir faire face, celui qui nous façonne et qui parfois nous détruit. Celui qui ne devrait, en aucun cas, nous être refusé.

Mon sentiment 
(J'apprends l'allemand de Denis Lachaud)
Je ne sais que penser de ce récit dans lequel nous suivons le petit Ernst. Au delà de la recherche du secret de cette famille franco-allemande, il est surtout question d'une quête d'identité. Mais...

Mais tout m'aura paru étrange, pour ne pas dire hors de toute logique. Tout d'abord, cette écriture qui, d'un paragraphe à l'autre parle de Ernst à la 1ère ou à la 3ème personne, sans aucune raison. Peut-être pour admettre un détachement de la part du héros sur ce qu'il nous raconte? Et du détachement, il en est question dans ce livre... à croire que Ernst a décidé de voir (vivre?) ses découvertes en observateur; rien ne semble vraiment le toucher. J'ai lu ce roman, je l'ai apprécié, mais sans doute qu'a cause de ce parti prit de l'auteur, je n'ai pas pu entrer véritablement dans ce récit. Dommage...
Pièces détachées
A tout cela qui n'est pas moi, qui ne dépend pas de ma réflexion, de mes choix, de mes actes, je n'échapperai pas, autant fuir l'oracle.
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Sur une cloison du S-Bahn, une publicité pour le chemin de fer allemand:
"Ein Mensch ist manchmal wie verwandelt, sobald man ihn menschlich behandelt."
("Un Ëtre humain est parfois comme métamorphosé dès qu'on le traite humainement")

On est bien, aujourd'hui, dans un train.
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"Un avion s'écrase, papa se fige, maman monte la garde près de moi et appelle mon frère." 


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