7.12.12

Les ailes de la nuit de Robert Silverberg

Un Guetteur, une Volante et un Elfon; un seul restera lui-même.



Mécanisme de l'histoire

Le vieux Guetteur, Avluela la Volante, et Gordon, un Elfon, revenaient vers Roum, la ville aux sept collines.
Le Guetteur était las d'avoir usé ses yeux et ses sens à détecter l'invasion extraterrestre dont la Terre se croyait menacée. Il avait fini par perdre la foi dans le principe fondamental de sa Guilde. Tout son univers allait pourtant basculer quelques heures plus tard. Sa jeune protégée Avluela était remarquée par le Prince de Roum qui abusait d'elle. Gordon, l'Elfon sans Guilde, reconnaissait soudain être un émissaire déguisé des envahisseurs qui apparaissaient bientôt au Guetteur au cours de sa veille. La Terre allait être conquise.
désorienté, ses veilles de guet devenues vaines, le Guetteur gagna d'abord Perris où il ne rencontra qu'intrigues et luxure, puis tenta le pèlerinage de Jorslem. C'est là qu'il retrouva Avluela la Volante et que, de la Terre vaincue, naquit un nouvel espoir.

Mon sentiment 
(Les ailes de la nuit de Robert Silverberg)
Longue est la route de notre Guetteur itinérant. Son vieux corps est usé, fatigué, mais son âme également. Imaginez plutôt; cela fait des siècles que 4 fois par jour, des centaines, des milliers de Guetteur surveillent les cieux, scrutant le moindre signe de l'envahisseur annoncé. Et toujours rien. Il ne viendra peut-être pas, auquel cas cette confrérie n'aura alors servi qu'à perdre son temps. Et s'il débarquait, inondant la Terre de leurs armées, alors, qu'adviendra-t-il des Guetteurs? Que feront-ils, eux qui ne savent que veiller? C'est, en quelques mots, ce que pense notre Guetteur au début de l'histoire, entre fidèle croyance en la Volonté et remise en question et doutes. Et puis, en une seule nuit, la Terre tomba et la vie du Guetteur bascula. Sa mission était achevée, il avait veillé, le reste ne le concernait déjà plus... sinon cette question, que faire du reste de sa vie?
Robert Silverberg nous conte ici une évolution de la Terre, des humains bien après leur apogée. Une Terre en ruine, une humanité presque dans le même état, récoltant les fruits de la graine orgueilleuse plantées par leurs ancêtres, des siècles plus tôt. Un roman qui nous parle des actes et de leurs conséquences, des limites que l'on peut atteindre en tant que civilisation.



Pièces détachées

J'appris ainsi dans ces sombres moments que même les larmes d'un prince ne sont pas les larmes des simples hommes. Ses sanglots étaient chargés de défi, belliqueux, courroucés. Néanmoins, il pleurait.

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Enoncer mon ancien nom était étrangement libérateur. J'avais l'impression qu'il flottait dans l'air devant ma bouche, qu'il s’élançait à tire-d'aile comme un oiseau captif dont on ouvre la cage, qu'il s'élevait en chandelle, faisait brutalement demi-tour pour heurter un mur et s'y fracasser avec un léger et mélodieux tintement.

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