15.9.14

L'étrange disparition d'Esme Lennox de Maggie O’Farrell



Mécanisme de l'histoire

Entre l'Inde et l'Écosse, des années 1930 à nos jours, l'histoire déchirante d'une femme enfermée, rejetée de la société et oubliée des siens.  Un roman d'une beauté troublante, où s'entremêlent des voix aussi profondes qu'élégantes pour évoquer le poids des conventions sociales et la complexité des liens familiaux, de l'amour à la trahison. A Édimbourg, l'asile de Cauldstone ferme ses portes. Après soixante ans d'enfermement, Esme Lennox va retrouver le monde extérieur. Avec comme seule guide Iris, sa petite-nièce, qui n'avait jamais entendu parler d'elle jusque-là. 
Pour quelle étrange raison Esme a-t-elle disparu de la mémoire familiale ? Quelle tragédie a pu conduire à son internement, à seize ans à peine ?  Toutes ces années, les mêmes souvenirs ont hanté Esme : la douceur de son enfance en Inde, le choc de son arrivée en Écosse, le froid, les règles de la haute bourgeoisie et, soudain, l'exclusion... 
Comment sa propre sœur, Kitty, a-t-elle pu cacher son existence à ses proches? Et pourquoi Iris se reconnaît-elle tant dans Esme ? Peu à peu, de paroles confuses en pensées refoulées, vont resurgir les terribles drames d'une vie volée...

Mon sentiment 
(L'étrange disparition d'Esme Lennox de Maggie O'Farrell)
J'avoue qu'au départ, je n'étais pas trop tentée par ce livre mais en fin de compte, il s'est avéré que cette histoire était plutôt bien foutue. 
Bien sûr tout cela se passe à une époque où les moeurs était bien différentes de celles de maintenant (pas toute l'histoire).
Et bien que certains comportements m'on troublée, l'histoire est belle et triste en même temps, certains passages m'on laissée perplexe surtout la fin, je dois l'avouer, je n'ai pas tout compris. 
En lisant ce livre, je suis passée par la joie, la tristesse, le doute et j'en suis venue à être révoltée. Au fils des pages, on toujours envie d'en savoir plus et on se pose mille questions. le mystère qui entoure Esme Lennox est fascinant, tellement fascinant ! 
Bien que le fin vous laisse sur votre faim, ce livre se lit assez facilement.

Hannibal Lecter - Le silence des agneaux de Thomas Harris



Mécanisme de l'histoire

Le FBI est mis en échec par un psychopathe qui accumule les meurtres dans le seul but de récupérer leur peau. Lorsqu'il enlève la fille d'un sénateur, les fédéraux confient à la jeune Clarice Starling, encore élève stagiaire, l'inquiétante mission d'interroger le Dr Hannibal Lecter, emprisonné à vie pour meurtres et cannibalisme. L'ancien psychiatre, grâce à ses connaissances sur la psychologie des déviants criminels, reste la seule personne à pouvoir mettre le FBI sur la piste du tueur. Lecter accepte de communiquer avec Clarice mais à la condition qu'elle dévoile ses peurs, ses souvenirs d'enfance. En échange, il va peut-être l'aider à retrouver le tueur... Thomas Harris a construit l'essentiel de ce chef-d'oeuvre du suspense autour de deux personnalités fortes et fascinantes liées par une relation très ambiguë. Suite du Dragon rouge, Le Silence des agneaux a donné lieu à un excellent film de Jonathan Demme avec Anthony Hopkins et Jodie Foster. La mortelle randonnée du Dr Lecter continue dans Hannibal. --Nicolas Mesplède

Mon sentiment 
( Hannibal Lecter - Le silence des agneaux de Thomas Harris)
"Je l'ai enfin fini, je l'avais commencé et oublié, je sais c'est une honte ! Je l'ai bien aimé, ce livre vous embarque, pour vous relâcher à la toute fin. L'histoire est prenante et haletante, quand on se retrouve seule dans les rues la nuit tombée, l'idée que Buffalo Bill surgisse de nulle part vous saisit sans vous quitter même une fois rentrée chez vous. C'est ce qui fait mon bonheur, un thriller qui ne vous fait pas angoisser n'est pas un bon thriller. Ayant déjà vu, plusieurs fois, le film je ne m'attendais pas à être surprise et bin si ! Finalement, il y a du rebondissement et des choses importantes qui font qu'on comprend un peu plus le Docteur Lecter, même si il reste toujours un mystère pour nous :D , en bref, un livre à lire et à relire si ça fait longtemps."

13.9.14

Le monde de Narnia de Clive Staple Lewis


Mécanisme de l'histoire

Retrouvez, réunis en un seul ouvrage, les sept volumes du Monde de Narnia. Guidés par le Lion Aslan, découvrez dans son intégralité la saga fantastique du grand romancier C. S. Lewis.
Tome 1 - Le neveu du magicien
Polly trouve parfois que la vie à Londres n'est guère passionnante... jusqu'au jour où elle rencontre son nouveau voisin, Digory. Il vit avec sa mère malade et un vieil oncle original. Celui-ci force les deux enfants à essayer des bagues magiques qui les transportent dans un monde inconnu. Commence alors la plus extraordinaire des aventures...
Tome 2 - Le lion, la Sorcière Blanche et l'Armoire Magique
Narnia... Un royaume merveilleux condamné à un hiver éternel, un pays qui attend d'être libéré d'une emprise maléfique. L'arrivée extraordinnaire de quatre enfants fait renaître l'espoir. S'ils trouvent Aslan, le Grand Lion, les pouvoirs de la Sorcière Blanche pourraient enfin être anéantis...
(édition 2008)
Quatre enfants, Peter, Edmund, Susan et Lucy, éloignés de Londres à la suite des raids aériens, pendant la Seconde guerre mondiale, trouvent refuge chez un vieux professeur quelque peu excentrique. Au cours d'une partie de cache-cache, Lucie pénètre dans une armoire. Elle s'enfonce au milieu des vêtements qui, insensiblement, deviennent les arbres d'une forêt. C'est ainsi qu'elle découvre, pou la première fois, le monde magique et merveilleux de Narnia, où les animaux parler et sur lequel règne la terrible Sorcière blanche. Lucie entraîne les autres enfants, d'abord incrédules, dans ce royaume. Ils y rencontrent le lion Aslan, si beau, si sage, si brave, qui doit chasser la Sorcière Blanche. Aslan meurt pour sauver Edmond des griffes de la sorcière. Mais il renaît grâce à un très ancien sortilège... Devenus, après bien des aventures, rois et reines de Narnia, les enfants vivent de longues années dans ce royaume enchanté. Pourtant, lorsqu'ils repassent la porte de l'armoire, personne ne semble avoir remarqué leur absence...
Tome 3 -  Le cheval et son écuyer
Shasta, maltraité par le pêcheur qui l'a recueilli et élevé, quitte le pays de Calormen en compagnie de Bree, un cheval doué de parole. Ils n'ont qu'un espoir : rejoindre le merveilleux royaume de Narnia... En chemin, ils rencontrent une jeune fille de noble naissance, gravis, qui fuit un mariage forcé. D'aventure en aventure, les deux héros perceront-ils le mystère qui entoure la naissance de Shasta ?
Tome 4 - Le prince Caspian
Peter, Susan, Edmund et Lucy sont sur le point de se séparer pour entamer une nouvelle année scolaire. Ils attendent le train qui doit les conduire en pension quand, tout à coup, ils sont transportés dans le pays de Narnia où ils ont régné autrefois. Mais si, pour eux, une année seulement s'est écoulée, dans leur ancien royaume des siècles ont passé. Le palais royal est en ruines. Parviendront-ils à ramener la paix dans le monde magique de Narnia ?
Tome 5 - L'Odyssée du Passeur d'Aurore
Eustache Clarence est le garçon le plus insupportable d'Angleterre c'est du moins l'avis de ses cousins, Edmund et Lucy. Hélas, les voilà condamnés à le supporter durant l'absence de leurs parents! Mais le jour où les trois enfants entrent dans un tableau et sont précipités dans les dots, à quelques brasses du navire de Caspian, roi de Narnia, Eustache perd sa belle assurance. Quelle part prendra-t-il à l'extraordinaire aventure qui les attend ?
Tome 6 - Le Fauteuil d'argent
Pour Jill et Eustache, la vie est dure à l'école expérimentale ! Un jour, voulant échapper à des élèves qui les brutalisent, les enfants ouvrent la petite porte du jardin. Au lieu de la lande morne et grise, ils découvrent une contrée radieuse, le pays d'Aslan, le grand lion. Celui-ci leur confie une mission : retrouver Rilian, prince héritier de Narnia, enlevé des années plus tôt par un horrible serpent...
Tome 7 - La dernière bataille
Seul, captif, désespéré, le dernier roi de Narnia appelle à son secours les enfants qui, tant de fois, par le passé, ont sauvé le royaume de la destruction. Jill et Eustache se retrouvent donc, à nouveau, transportés dans l'univers enchanté de Narnia dont ils rêvent chaque jour en secret. Mais parviendront-ils, cette fois, à éviter le pire ? Car cette aventure pourrait bien être la dernière...


Mon sentiment 

(Le monde de Narnia de Clive Staple Lewis)
Tome 1 - Le neveu du magicien
Un début d'aventure assez prometteur, qui installe, patiemment, un monde en devenir ainsi qu'un personnage important pour la suite. Ce tome m'a beaucoup plu dans l'ensemble et me parait être l'un des plus importants. Même si nous découvrons l'histoire du point de vue de Polly et Digory, Jadis est le personnage principal de cette première aventure.
Tome 2 - Le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique
Un second tome qui nous plonge au coeur même de Narnia. Assez bon dans l'ensemble, cela reste néanmoins de la fantasy tout ce qu'il y a de plus classique. Pas de grosse surprise, sur pratiquement aucun point. Dommage, car le premier tome semblait déjà sortir des sentiers de la jeune fantasy. Les personnages m'ont moins touché... un peu trop (beaucoup) caricaturaux à mon gout, mais n'est-ce pas là ce que désirait l'auteur? Après, il faut le reconnaître, les Pevensie; on les aime ou pas... un peu comme Aslan.
Tome 3 - Le cheval et son écuyer
Incontestablement mon préféré. Une magnifique histoire empreinte de poésie. Il n'y a pas que Narnia dans Narnia, et heureusement pour ceux qui, comme moi, ont aimé ce tome. Néanmoins, il faut le reconnaître; que viens donc faire cette histoire dans ce cycle?
Tome 4 - Le prince Caspian
Le prince Caspian a signé pour moi, le début de la fin de Narnia. L'idée de départ n'est pas mauvaise en soi, mais j'ai trouvé ce tome incroyablement long, prévisible. De plus, dans ce tome, les personnages ont tous un rôle assigné duquel ils ne sortent pas.
Tome 5 - L'odyssée du Passeur d'Aurore
D'accord, je n'ai pas adhéré aux personnages de tome précédent. Pas de chance, je retrouve les même dans celui-ci. Et je ne les ai pas beaucoup plus apprécié, si ce n'est Eustache, plus marquant, plus attachant... plus humain en fait. Ce qui sauve cette odyssée selon moi, c'est l'histoire. Lewis revient à plus de fantasy, plus de réflexion aussi. Un tome dans la continuité du premier,où l'auteur part de ses croyances et construit son monde autour. Le message reste le même, mais au moins, on peut en apprécier l'histoire sans pour autant y adhérer.
Tome 6 - Le fauteuil d'argent
Pour faire assez court, je crois que jamais je ne me suis autant ennuyé en lisant de la fantasy. Je ne retiens que bien peu de chose de cette partie de l'histoire.
Tome 7 - La dernière bataille
Le message de C. S. Lewis me gênait déjà lors de la lecture des tomes précédent, mais ici, il en atteint les sommets au point de rendre l'histoire indigeste. Dommage. 
En conclusion
Une saga qui me parait très inégale, emprunte d'un message religieux qui, trop souvent, en perverti l'histoire. Un comble! Néanmoins, certains passages, certaines idées méritent, pour eux seuls d'être découverts. Je ne garde un bon souvenir que du troisième tome, qui peut être lu séparément. Pour le reste, il faut aimer la lutte du bien contre le mal, sans surprise car on sait toujours qui va gagner, et avoir peur de la réflexion personnelle. J'ai lu ces chroniques, j'en ai triomphé, mais cela restera ma seule satisfaction. 
Pièces détachées

12.9.14

Le Protectorat de l'Ombrelle - Une aventure d'Alexia Tarabotti, tome 1; Sans Âme de Gail Carriger


Mécanisme de l'histoire

Miss Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales.

Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, ne lui avait pas été présenté ! 
Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, écossais et loup-garou – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. 
Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Mais que se trame -t-il réellement dans la bonne société londonienne ?



Mon sentiment 

(Le Protectorat de l'Ombrelle - Sans Âme de Gail Carriger)
Une lecture agréable, divertissante, qui parvient à mêler assez bien les genres. Les personnages, quelque peu caricaturaux, sont assez bien brossés; Alexia, a qui on s'attache facilement, fait figure de féministe à une époque où les filles de bonnes familles se devaient de se taire, Lord Maccon fait drôlement penser à un héros d'Emily Brontë, tout aussi bourru, misogyne et exalté dans ses passions. Quant à l'histoire, je l'ai trouvée très prenante, immersive et rocambolesque, avec le soupçon nécessaire de suspens, bref, j'ai beaucoup aimé.
Les genres, comme je le disais, s’entremêlent plutôt bien, on a du 19ème siècle, agrémenté de vampires, loup-garous et autres golems; on voyage donc dans la romance, le fantastique et la science-fiction(petite touche steampunk). Gros bémol cependant sur les passages plus "érotiques", qui pour le coup, tranchaient radicalement avec l'atmosphère générale... cela m'a beaucoup déstabilisé car je ne m'y attendais pas, et m'a quelque peu déçu également, l'histoire n'avait, à mon sens, pas besoin de détails si explicites. Il est évident que l'auteur y a mis l'accent car son style change à ces moments du récit... ajouts de dernière minute? C'est le sentiment que cela m'a fait.
Je conseille donc cette saga, mais pas aux plus jeunes, à cause des passages un peu trop cru... dommage.

Pièces détachées

Je ne veux pas mourir, se dit Alexia. Je n’ai pas encore enguirlandé lord Maccon à cause de la dernière fois où il s’est montré grossier !

8.9.14

Avant la nuit de Reinaldo Arenas

Mécanisme de l'histoire

Reinaldo Arenas eut une vie hors du commun. Une existence de personnage de roman qu'il voua à l'écriture, son combat contre tout ce qui tenta de l'anéantir – répression, bêtise, mort. Du spectre de ces humanités qui façonnent les hommes, il a sans doute revêtu chaque couleur. Une enfance pauvre mais libre avec comme premier souvenir le goût de la terre. L'espoir en la révolution castriste et la déception, les amours homosexuelles, la passion de l'écriture, la censure, les travaux forcés, l'emprisonnement. L'obligation de rester libre pour exister, de ne pas se vendre et, malgré la conscience d'une douleur à venir, cette volonté, plus forte que tout, de quitter Cuba, de se sauver et de se perdre dans l'exil. Maintenant je vois l'histoire de mon pays comme ce fleuve de mon enfance qui charriait tout sur son passage dans un fracas assourdissant ; ce fleuve aux eaux troubles nous a tous anéantis lentement, les uns après les autres. La biographie de Reinaldo Arenas débute par la fin. Sa mort qu'il sait imminente ne sera que la conclusion attendue d'une maladie qui le ronge. L'écrivain cubain qui fit de sa lucidité une arme littéraire tranchante décide alors d'écrire le roman de sa vie. Avant la nuit n'est pourtant pas l'œuvre d'un homme brisé. C'est au contraire un hymne à la vie et à l'esprit de révolte, à l'amour et à la liberté. L'espérance guide une écriture poétique, sans tabou, déchirante de tendresse, à l'émotion souvent brute. Avec Avant la nuit, Reinaldo Arenas, livre son dernier cri "contre le fracas des armes qui asphyxie le rythme de la poésie, de la vie". Avant la nuit a été adapté au cinéma par Julian Schnabel en 2000. --Hector Chavez 

Mon sentiment 
(Avant la nuit de Reinaldo Arenas)
Bouleversant, touchant, effrayant. Voilà un témoignage qui donne à réfléchir et nous offre une vision des conditions de vie sous une dictature. Dans cette autobiographie, il y a tout ce qui compose une vie, et c'est bien normal. De l'amour et de la sexualité tout d'abord, à travers le témoignage personnel de Reinaldo Arenas. Son enfance, sa grand-mère, ses premiers émois, les nombreux autres plus tard. Il est question d'espoirs aussi, celui d'hommes et de femmes qui se révoltent contre une dictature. L'espoir de se battre pour ses convictions, de l'emporter et de pouvoir reconstruire un pays meilleur. La passion, ici à travers l'écriture, dans un univers en perpétuelle recherche de créations. L'amitié également. Puis viennent la peur, la désillusion,  la trahison, la paranoïa propres à toute dictature. La fuite, l'exil... La vie, la mort en somme. Reinaldo Arenas nous raconte tout cela comme on se souvient, un moment de vie, qui en amène un autre, et puis un troisième etc...
A lire, rien que pour se rendre compte de comment un régime dictatorial peut tranquillement s'installer pendant que l'on vit de manière insouciante. A lire, pour comprendre, comment privé de liberté, on se bat, contre les autres, contre soi, pour profiter du moindre instant libre, quel que soit sa forme. 

Pièces détachées

A ce moment-là, je me suis dit qu'il valait mieux mourir. J'ai toujours trouvé lamentable de mendier la vie comme une faveur. Ou on vit selon ses désirs, ou alors il vaut mieux cesser de vivre.
____________________

J'avais déjà commencé mon autobiographie à Cuba, comme on le verra plus loin, et je l'avais intitulée Avant la nuit, car je devais l'écrire avant la tombée de la nuit, puisque je vivais en fugitif dans un bois. Maintenant, la nuit avançait de nouveau, de façon plus imminente. C'était la nuit de la mort. Maintenant, il fallait vraiment que je termine ma biographie avant la nuit.
____________________

Notre histoire est faites de trahisons, de soulèvements, de désertions, de complots, d'émeutes, de coups d'Etat; le tout dominé par l'ambition démesurée, par l'injustice, par le désespoir, par l'arrogance et par l'envie. Même Christophe Colomb, à son troisième voyage, après avoir découvert toute l'Amérique, revient en Espagne enchaîné. Deux attitudes, deux personnalités semblent toujours lutter dans notre histoire: celle des rebelles permanents amoureux de la liberté, donc de la création et de l'innovation; et celle des opportunistes, des démagogues, toujours amoureux du pouvoir, donc partisans du dogme, du crime et des ambitions les plus mesquines. 
____________________

Ce fut  le début de la paramétrisation, c'est-à-dire que tout écrivain, tout artiste, tout dramaturge homosexuel, recevrait un télégramme l'informant qu'il ne réunissait pas les paramètres politiques et moraux pour occuper son poste; par conséquent on le privait d'emploi, ou bien on lui en offrait un autre dans un camp de travaux forcés.
____________________

De sorte que la femme, de même que l'homosexuel, était considérée sous le régime castriste comme un être inférieur. Les machos, eux, pouvaient avoir plusieurs femmes, on trouvait que c'était un signe de virilité. C'est pourquoi femmes et homosexuels s'unirent, une façon de se prémunir, en somme.
____________________

Monsieur...
En fonction du bilan de liquidation d'amitié que j'effectue à la fin de chaque année sur la base de constatations rigoureuses, je vous communique que vous venez de grossir ladite liste.
                                                                      Sentiments distingués,
Reinaldo Arenas.

5.9.14

Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll


Mécanisme de l'histoire

Assise au bord de la rivière, Alice s'ennuyait un peu quand soudain, venu de nulle part, surgit un lapin blanc pressé de regagner son terrier. N'hésitant pas à le suivre, Alice pénètre dans monde de prodiges et de menaces qui n'est autre que le royaume de l'enfance. Et voici le chat de Cheshire à l'étrange sourire, la terrible Reine de Coeur, le Chapelier fou et le Lièvre de Mars, la Fausse Tortue et le Valet-Poisson...


Mon sentiment 

(Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll)
Difficile d'évoquer cette histoire sans penser au dessin animé de Disney. Il aurait put être mon préféré, mais il y avait quelque chose dans ce dessin animé qui ne me plaisait pas. Et après lecture de ce conte, j'ai compris; tous les passages ajoutés par Disney. 
Certes Alice n'est pas des plus futées, il faut le reconnaître, ni des plus attachante. Mais cela compte peu, puisque les vrais héros, ce sont les habitants du Pays des Merveilles.


Pièces détachées



Je vous souhaite un joyeux non- anniversaire.

____________________


"Mais je n'ai nulle envie d'aller chez les fous", fit remarquer Alice.

"Oh ! vous ne sauriez faire autrement, dit le Chat : Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle."
"Comment savez-vous que je suis folle ?" demanda Alice.
"Il faut croire que vous l'êtes, répondit le Chat ; sinon, vous ne seriez pas venue ici."

3.9.14

Voyage au centre de la terre de Jules Verne


Mécanisme de l'histoire

Dans la petite maison du vieux quartier de Hambourg où Axel, jeune homme assez timoré, travaille avec son oncle, l'irascible professeur Lidenbrock, géologue et minéralogiste, dont il aime la pupille, la charmante Graüben, l'ordre des choses est soudain bouleversé.
Dans un vieux manuscrit, Lidenbrock trouve un cryptogramme. Arne Saknussemm, célèbre savant islandais du xvi siècle, y révèle que par la cheminée du cratère du Sneffels, volcan éteint d'Islande, il a pénétré jusqu'au centre de la Terre !
Lidenbrock s'enflamme aussitôt et part avec Axel pour l'Islande où, accompagnés du guide Hans, aussi flegmatique que son maître est bouillant, ils s'engouffrent dans les mystérieuses profondeurs du volcan...

Mon sentiment 
(Voyage au centre de la terre de Jules Verne)
C'est donc avec ce célébrissime "Voyage au centre de la Terre" que je découvre cet auteur, non moins connu. Cela fait longtemps que j'aurai dû lire Jules Verne, je le sais. Mais parfois, les auteurs les plus connus sont ceux qui me donnent le moins envie. A cause de ce que j'en ai entendu. La peur de ne pas aimer un "classique incontestable", ou d'être déçu par l'original d'une histoire déjà connue dans les grandes lignes. Mais mieux vaut tard que jamais, et je regrette à présent de ne pas avoir cédé à Jules Verne plus tôt. Quelques renseignements pris, "Voyage au centre de la Terre" m'a semblé être le bon livre pour débuter; une histoire qui promettait d'être captivante, un texte qui ne serait pas trop encombré de termes techniques.
J'ai vraiment aimé ce voyage, et nul doute que Jules Verne fera partie de mes futures lectures. 20.000 lieues sous les mers, De la Terre à la Lune en tête de liste. On m'a déjà conseillé Le tour du monde en 80 jours, mais j'ai l'impression de déjà connaitre, de déjà l'avoir lu tellement l'histoire (et le dénouement final) est présente dans mon esprit. 

Pièces détachées

C'était la première fois, à ma connaissance, qu'il manquait à la solennité du dîner. Et quel dîner, cependant! Une soupe au persil, une omelette au jambon relevée d'oseille à la muscade, une longe de veau à la compote de prunes, et, pour dessert, des crevettes au sucre, le tout arrosé d'un joli vin de la Moselle.
____________________

-Assez. Quand la science a prononcé, il n'y a plus qu'à se taire.
____________________

Toutes ces merveilles, je les contemplais en silence. les paroles me manquaient pour rendre mes sensations. Je croyais assister, dans quelque planète lointaine, Uranus ou Neptune, à des phénomènes dont ma nature "terrestielle" n'avait pas conscience. A des sensations nouvelles, il fallait des mots nouveaux, et mon imagination ne me les fournissait pas. Je regardais, je pensais, j'admirais avec une stupéfaction mêlée d'une certaine quantité d'effroi.
_____________________

-Quoi! vous croyez encore à quelque chance de salut?
- Oui ! certes, oui ! et tant que son coeur bat, tant que sa chair palpite, je n'admets pas qu'un être doué de volonté laisse en lui place au désespoir.

21.8.14

Je suis une légende de Richard Matheson



Mécanisme de l'histoire

Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l'abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil... Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu'aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme. Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l'ultime survivant d'une espèce désormais légendaire.

Mon sentiment 
(Je suis une légende de Richard Matheson)
"Je suis une légende" est un livre déroutant dans l'ensemble. Tout d'abord par la façon dont il traite du vampirisme, qui semble ici plus inspiré du zombie. En fait, il s'agit plus facilement d'un mélange des deux dans leurs acceptations courantes. Et rien que cela suffit à changer une histoire. Ensuite, notre "héros" n'en est pas un (ne vous attendez pas à retrouver un courageux Will Smith en forme), mais est un vrai antihéros. Alcoolique, trouillard, passif, dépressif, fataliste, égoïste et, oserais-je, lâche. Bref, le bon gros beauf lâché dans un univers post-apo, selon certains, ou l'incarnation de l'être humain - et de ses faiblesses- pour d'autres. Cela aurait pu suffire à une histoire, mais Richard Matheson a été plus loin en construisant une réelle évolution à se personnage, tout en gardant une logique de sa psychologie. Ainsi que les quelques rebondissements, et autres troubles sentimentaux et psychologiques nécessaires. De vraies questions se posent lors de la lecture, qu'elles soient générales ou personnelles, en tout cas, cela fait aussi du bien de lire un bouquin qui nous pousse à réfléchir.
Si vous avez aimé le film, c'est bien, vous n'avez peut-être pas mauvais gout (moi aussi je l'ai beaucoup aimé, ce n'est pas incompatible), mais oubliez-le. Complètement. Les deux histoires n'ont en commun que le titre, et un semblant de "zompires". Et jetez-vous sur le livre, il en vaut largement le détour!

Les Écorcheurs de Serge Brussolo



Mécanisme de l'histoire

C'était un navire monstrueux, anormal. Un navire malade à la coque gangrenée, bâti avec les ruines d'un sinistre théâtre Grand-Guignol.
Il partait piller les épaves des Mers du Sud.
Bien sûr, il y avait les trésors engloutis...
Mais il y avait aussi les Écorcheurs, ces morts-vivants sanguinaires qui sillonnaient la surface des bas-fonds. Il y avait encore le Vizir des Ténèbres, le Grand Grimacier qui gobait des montres et faisait pousser des enfants dans les mains des femmes. Sans compter une mort de vingt centimètres qui galopait à fond de cale... Pour mon baptême de l'océan, je ne pouvais rêver mieux. Encore que... L'enfer est une pochette-surprise.

Mon sentiment 
(Les Ecorcheurs de Serge Brussolo)
Quand j'ai lu le 4ème de couverture, je me suis tout de suite demandé comment l'auteur, en plus d'avoir eu ces drôles d'idées, allait faire pour les intégrer, et les lier ensemble dans ce petit roman fantastique! Un navire monstrueusement décoré, un gobeur de montres qui fait pousser des enfants sur des mains, une faucheuse lilliputienne, des pirates et un capitaine agonisant... Et des trésors gélifiés. Dans les Écorcheurs, tout se lie au fil des pages, même s'il ne faut pas être trop regardant. Moi, je me suis laissé compter, bercer par ces histoires. Pas le meilleur roman de Serge Brussolo, mais il reste assez bon dans l'ensemble. A réserver à ceux qui aiment particulièrement cet auteur. 

Pièces détachées

C'était Juvia, la cuisinière de ma mère, qui avait peu à peu installé cette idée en moi. "Les bébés naissent dans les choux, répétait-elle à l'envi, et les araignées dans les verrues. Quand une verrue est bien mûre, il lui pousse des membres, et elle part à l'aventure, abandonnant le visage de celui qu'elle défigurait.
-Ce n'est pas vrai! protestais-je, gagné par une sourde angoisse.
-Bien sur que si, renchérissait Juvia avec un sadisme triomphant, tu n'as jamais vu de verrue couverte de poils?
-Si. M. Millock, l'instituteur, en a une sur le menton. Trois longs poils noirs la couronnent...
-Tu vois bien! Ce sont les pattes de l'araignée qui commencent à pousser. Un jour son menton redeviendra net. L'araignée sera partie."
____________________

Je ne parvins pas à déterminer si ces foules d'angelots et d'unicornes se faisaient la guerre ou l'amour, si le sculpteur avait voulu représenter une scène de bataille ou une gigantesque partouze, mais cet enchevêtrement d'anatomies à la musculature hypertrophiée pesait lourdement sur la poupe du vaisseau.

16.8.14

Enfer vertical (en approche rapide) de Serge Brussolo


Mécanisme de l'histoire

Seul le diable lui-même pouvait avoir conçu la prison de Shaka-Kandarec. C'était un édifice cylindrique de vingt étages entièrement automatisé, qui ne comptait que deux portes. Une à la base, une autre au sommet. Les détenus n'avaient pas le choix: il fallait monter. A chaque niveau les attendaient de nouveaux pièges toujours plus ingénieux, de nouvelles expériences toujours plus cruelles. Aux plus forts, à ceux qui sauraient s'adapter, on promettait l'amnistie. Les autres étaient condamnés à périr. David pénétra dans la tour de chrome, résigné à affronter l'enfer. Ce qui l'attendait était bien pire...

Mon sentiment 
(Enfer vertical en approche rapide de Serge Brussolo)
"Enfer vertical" est un court roman qui se lit facilement mais que j'ai trouvé très immersif. Dès les premières pages, j'était dans la peau de David, le prisonnier dont on suivra l'évolution au sein de cette "prison-piège". Et une fois de plus, Serge Brussolo a su me plonger dans un univers malsain, pour ne pas dire horrifique avec une facilité déconcertante, avec un point de vue auquel je ne m'attendais pas au départ. Ni d'action survoltée, ni d'entraide humanitaire ou de dialogue féroce, dans "Enfer vertical", tout se passe dans la tête, et le corps, de David. Vous êtes David, et non le groupe de prisonnier. Et la psychologie du personnage devient l'action du roman. Un très bon livre dans lequel il est question de survie... ou de choix. 

Pièces détachées

Il était comme les autres: une bête de troupeau s'extasiant sur l'architecture de l'abattoir vers lequel on la pousse...
____________________


Dans le donjon il n'y avait pas de place pour l'amitié ou l'entraide. Chacun devait rester à sa place d'ombre, dans son trou de néant.
Non, il n'y avait aucun lien entre les autres et lui. C'était la règle. Personne ne doit jamais aider personne. N'avoir pas d'ami c'était encore la meilleure assurance de n'être pas trahi.

____________________

Mais il n'éprouvait pas grand-chose. Il s'était trop distancé depuis des années pour coller encore aux situations. A force de se détacher des autres il s'était délivré de lui-même.
____________________

Ô dieux des ténèbres, donnez-nous le désespoir. Apprenez-nous la fatigue, le dégoût, la lucidité! Détournez-nous de l'espoir, ne nous faites pas jouer le jeu de ceux qui nous veulent du mal... Protégez-nous de la lâcheté de survivre. Accordez-nous la lassitude salvatrice. Fermez nos paupières de vos doigts froids, accueillez-nous comme des animaux qui souffrent et n'aspirent plus qu'au sommeil.